Espinas

"Epines" - (Épine et Aubépine).
Os à nu qui lance sa plainte dans l'air. Bois et terre : deux éléments celtiques qui amènent à l'enfance, au murmure du chant, de tous les chants qui veulent naître depuis la moelle de la matière.
Bronze mou, peau marine d'où jaillit le ferment orographique des mers.
Du bois sort l'élan d'une flamme L'argile malléable c'est le poumon dans l'enclos des vertèbres Doigts égrenés dans une sombre caverne. Nul n'écoute les débris de l'être sur le sol du silence.
Tel est l'espace dans lequel José Diaz Fuentes déchire l'art et le temps du regard. Cette brèche est parfois blessure, parfois rupture et, dans la douceur de ses conques, une ouverture d'où émane un parfum d'intimité ou le désir de recueillement.
L'espace est rompu. Les heures scintillent on pressent dans les formes la caresse,
le trait,
le timbre,
l'odeur,
l'esquille,
la main qui descend suave
tendre et aqueuse entre les fibres végétales d'une femme fécondée.
L'air et la lumière aveuglent brûlent, encerclent le volume
avec les plaintes de vent lisse.
Le rythme résonne dans les tranches de bois
Les formes gouttent en pluie fine dans le jet
de la lumière vers la sève informe des rêves, ou
du monde aveugle vers la lumière de l'être dans l'éclat
minéral de l'existence.
Dominguez Rei Pans, lu in 1985